pollanno

mercredi, avril 13, 2005

Façons d'endormi façons d'éveillé

Toutes mes excuses aux lecteurs éventuels (?) de ce blog, pour le manque de mises à jour fréquentes :-/. Je (vous et me) promets plus de régularité à venir.

Voici donc un livre où Henri Michaux (dont je n'avais jamais rien lu auparavant) parle de sa vie onirique et examine quelques uns de ses "rêves remarquables" (façon "étude de cas").
Chacun peut se retrouver en partie dans ses observations, surtout lorsqu'il évoque la façon que nous avons de résoudre en rêve un problème. Qui ne s'est pas réveillé un matin (voire au beau milieu de la nuit) avec enfin en tête le mot, le nom qu'on s'était échiné en vain à chercher la veille ? Ou bien quand on se réveille changé, de façon presque insensible, indescriptible, mais indéniable ? Comme ayant subi une espèce d'upgrade nocturne en quelque sorte, lol.


Combien de fois (des centaines, des milliers de fois) la nuit m'a donné des solutions de problèmes [...].
Je dirais presque qu'un matin sur deux ou trois, je trouve ainsi en moi une réponse, déposée à je ne sais quel moment de la nuit. Si le problème était limité, la solution sera facile à s'apercevoir, qui n'était pas là la veille. S'il s'agit de quelque chose de moins étroit, alors le matin je remarque que, sans m'en être occupé, une direction nouvelle a été prise, ou un glissement général s'est opéré, je me retrouve sur un autre palier, sur une plate-forme supérieure. D'une façon indubitable, et qui va se préciser, je suis plus "avancé". J'ai été éclairé.
Depuis toujours, je compte sur mes nuits pour éclairer mes jours...notablement.


Là où je me retrouve moins, c'est quand Michaux explique que l'univers de ses rêves est "gris et médiocre", particulièrement réaliste , où ses préoccupations de la journée apparaissent, mais traduites au moyen d'un "vocabulaire pauvre". Comme si son rêveur était le "Sancho Pança" du Don Quichotte qu'il est à l'état d'éveil, un compagnon prosaïque jugulant la nuit l'imagination dont il fait preuve le jour.

Cette sorte de tempérament nocturne, qui par plus d'un point se révèle l'envers de mon tempérament diurne[...] se rattrappe la nuit, non certes par des revanches éclatantes (pas du tout son genre), mais par une certaine façon de représenter l'existence et le monde, découronnés et plats.[...]
Le vocabulaire principal de mon contrariant commentateur nocturne est fait principalement d'une trentaine, non, d'une vingtaine d'images avec la moitié desquelles il suit la plus grande part de ma vie.
Cinéaste aux dix décors.
De ces décors, le train, la chambre reviennent le plus souvent, avec lesquels il suit ma vie. Cela lui convient. Contrairement à moi. Il aime ce qui a servi, les images les plus usées, les plus quotidiennes, ou plutôt qui furent quotidiennes pendant des années, les assommantes, les médiocres, les bourgeoises, les miteuses.

En ce qui me concerne, et comme la plupart des gens j'imagine, mes rêves me surprennent presque toujours par leur originalité, leur bizarrerie ... Et nous ne sommes pas pour autant ces "individus froids et fonctionnaires, incapables de la moindre rêverie pendant la journée, [qui] ont de nuit des rêves riches qui leur laissent un souvenir et une forte impression." que Michaux épingle, en toute logique réductrice, en note de bas de page (lui qui se décrit plus haut comme étant "remarquable et imaginatif").
Une lecture intéressante, mais plutôt étrange donc. Car traitant de choses extrêmement personnelles et en même temps communes à tous. D'où l'impression pour le lecteur d'osciller entre identification et distanciation.

en cours... : Brick Lane, Monica Ali / Les Gens de la rue des Rêves, Miyamoto Teru.

2 Comments:

  • Thought I would stop in to say, "Hi"!!!

    Howdy

    'Thought & Humor'
    Cyber Humor
    http://ilovehowdy.blogspot.com/
    CyberHumor
    Harvard Humor Club
    http://groups.yahoo.com/group/Harvard_Humor_Club/

    By Blogger 'Thought & Humor', at 20/4/05 12:14 AM  

  • Cher Monsieur, heureusement que vous précisez que vous ne connaissiez pas H.Michaux (un des auteurs majeurs de la litt. fr. du XXe siècle), car autrement votre commentaire serait plutôt risible, tant l'homme Michaux et son oeuvre ne ressemblent à rien d'autre - originalité qui fait le prix de sa création... et si vous lisez pour vous retrouver vous-mêmes ou vous "identifier" comme dit, c'est une bien triste conception de la littérature - vaut mieux vous regarder dans un miroir (vous vous retrouverez... quoique...)

    By Anonymous Anonyme, at 5/4/10 7:23 AM  

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